Lettre #9 Innovation

- Ports de Paris

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Clichy : un téléphérique de chantier relié à la Seine

Citallios, l’aménageur du quartier du Bac à Clichy-la Garenne, a adopté une solution innovante pour évacuer les déblais de chantier par voie fluviale via un téléphérique urbain relié au port de Clichy.

Un téléphérique de chantier acheminant, sur une longueur de 400 mètres, des bennes de 20 tonnes remplies de terres et ce, en milieu urbain, c’est pour le moins surprenant. "Ce n’est pas une première sur un chantier, mais pour du déblai de terre c’est inhabituel. Quant à une installation de ce genre au cœur d’une ville survolant le parking d’une copropriété, des voies de circulation et un autre chantier, c’est inédit", assure Anne Gruselle, chef de projet chez Citallios. Au total, le volume de terres à évacuer pour réaliser le terrassement du site à aménager est estimé à 260 000 tonnes.

Le tout camion inenvisageable

Une première étude menée par Citallios prévoyait l’évacuation des terres par camions, soit une rotation de 80 poids lourds par jour pendant 6 à 8 mois. Une solution inenvisageable pour la mairie dans un secteur déjà très engorgé en termes de circulation. Citallios s’est donc tourné vers une société de logistique urbaine pour trouver des alternatives. Celle-ci recommande des solutions alternatives comme le transport par téléphérique.

Citallios demande donc aux candidats à l’appel d’offres sur la gestion du chantier de proposer une solution d’évacuation via un blondin (téléphérique de chantier), couplé à un mode de transport alternatif. En novembre 2018, c’est Vinci Construction Terrassement qui remporte l’appel d’offres. Le groupe s’est associé à la société Mecamont Hydro, spécialiste des téléphériques de chantiers en haute montagne. Celle-ci a conçu une installation temporaire de transport par câble aérien reliant le chantier à des péniches stationnées sur le port de Clichy. Ces dernières évacueront les déchets par voie fluviale. Après dépollution, ces terres seront pour moitié destinées au comblement de carrières en Ile-de-France et pour moitié stockées en décharge en Ile-de-France et en Normandie.

Cette solution par voie aérienne - deux blondins circuleront sur deux lignes parallèles supportées par quatre pylônes de 35 mètres de haut – couplée à une solution fluviale, permet de générer moins de bruit, moins de poussières et moins de détérioration pour la voirie.

Le fluvial au service d’une technique innovante et prometteuse

"La technique est éprouvée mais il a fallu surmonter de nombreux obstacles réglementaires, par exemple pour obtenir l’autorisation de surplomb des voies routières, piétonnes et fluviales situées sous le passage des bennes, mais aussi des obstacles techniques comme la façon de décharger les bennes dans les péniches en tenant compte, entre autres, des variations de la hauteur de la Seine", explique Anne Gruselle.

HAROPA - Ports de Paris est intervenu comme facilitateur du projet pour réaliser la convention d’occupation temporaire pour la zone de déchargement sur le port de Clichy et mettre en contact Citallios et VNF pour l’installation des câbles. Ce type d’opération innovante, Ports de Paris en a déjà fait l’expérience avec le chantier du SIAAP tout proche, pour lequel une bande transporteuse avait été installée afin d’évacuer les 200 000 tonnes de terres excavées.   

Dans ce milieu urbain très dense, la mise en place des deux téléphériques exige des précautions. Après avoir monté les quatre pylônes arrimés par des haubans, Mecamont Hydro mène depuis le 18 avril un travail complexe de mise sous tension des câbles. Une opération qui doit prendre environ un mois. Parallèlement, HAROPA - Ports de Paris aménage le quai de Clichy. Après une série d’essais, la mise en service devrait avoir lieu mi-juin pour une utilisation d’une durée de sept mois.

"Cette installation temporaire de transport par câble aérien est un peu plus chère que la solution classique tout camion, mais cela permet d’accroître sensiblement le niveau d’acceptabilité du chantier par les riverains, de diminuer l’impact environnemental mais aussi de participer à la promotion d’une solution qui a un bel avenir", conclut Anne Gruselle.