Lettre #8 / Innovation

- Ports de Paris

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"Promouvoir l'hydrogène dans le transport fluvial"

Cédric Virciglio, responsable des affaires européennes et internationales pour HAROPA détaille le projet européen H2SHIP.

Quelles sont les ambitions d'H2SHIP ?
Cédric Virciglio :
C'est une vaste initiative européenne qui consiste à tester et à promouvoir l'usage de l'hydrogène dans la navigation fluviale. Elle comprend trois opérations pilotes qui se veulent complémentaires afin de répliquer les résultats :
- L'opération parisienne a pour objectif de tester la production et la distribution d’hydrogène pour les bateaux de passagers.
- L'opération néerlandaise se concentrera sur le développement d’une motorisation hydrogène pour un bateau de fret.
- L'opération belge vise à mettre en place un système d’avitaillement hydrogène offshore pour le transport maritime. L'ensemble est programmé sur trois ans.

Quel est l'objectif ?
Cédric Virciglio :
Les pouvoirs publics européens et français souhaitent que les navires dégagent le moins de CO2 possible. "Verdir" le transport fluvial est un enjeu crucial dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de la qualité de l'air.
La propulsion hydrogène est proche de la maturité industrielle et fait partie des solutions prometteuses pour décarboner sensiblement le transport par voie d'eau. Son adoption nécessite une infrastructure spécifique, proche des utilisateurs finaux. Des trajets prévisibles et la proximité avec d’autres industries rendent le transport maritime et fluvial particulièrement adapté à l’hydrogène.
Le coût de la propulsion par hydrogène est aujourd’hui plus élevé que celui du fuel, mais à terme, cette énergie pourrait s’avérer compétitive et vertueuse. En plus d'être silencieuse, son utilisation permet d’améliorer de façon significative la qualité de l’air et de l’eau.

Comment est produite l'énergie hydrogène?
Cédric Virciglio :
L'énergie hydrogène est générée à partir de l'incinérateur « Isséane » situé sur les berges de la Seine à Issy-les-Moulineaux en récupérant le surplus d’électricité considéré comme renouvelable. Cette électricité est ensuite transformée par électrolyse en hydrogène.

Comment les bateaux utilisent-ils ce carburant?
Cédric Virciglio :
Il existe plusieurs cas de figure : l’hydrogène peut être utilisée dans une pile à combustible ou bien directement dans un groupe électrogène. L’objectif du projet H2SHIP est également de tester les dernières technologies afin d’optimiser les modifications de motorisation. Un des enjeux réside notamment dans l’homologation de son utilisation dans le secteur fluvial.

Qui finance H2SHIP?
Cédric Virciglio :
Le budget de 12 millions d'euros pour les trois opérations est financé à hauteur de 60% par l'Union européenne. Les 40% restants proviennent des partenaires du projet qui sont au nombre de 14 dont 5 partenaires français : EDF, Bateaux parisiens, la Ville d’Issy-les-Moulineaux, l’Agence métropolitaine des déchets ménagers (le Syctom) qui est gestionnaire de l'incinérateur, et HAROPA - Ports de Paris.

Quel est plus précisément le rôle de HAROPA - Ports de Paris dans ce projet ?
Cédric Virciglio :
Le Port joue un rôle de facilitateur dans la mise en œuvre de l'hydrogène notamment sur l’implantation de l’infrastructure et en appui sur les aspects réglementaires. Si l'expérience est concluante, H2SHIP pourra conduire à un développement de l’hydrogène fluvial sur tout l'axe Seine. S'ajoute la volonté d'informer les riverains et les utilisateurs du port. HAROPA - Ports de Paris veillera à impliquer tout l’écosystème portuaire afin de faire de ce projet une réussite.

 

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