Lettre #17 A la Une

- Ports de Paris

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La Charte d’amélioration des ports se renforce en 2021

On recense sur le domaine portuaire de Ports de Paris trente-cinq centrales à béton auxquelles s’ajoutent sept autres unités installées le long des canaux parisiens. Des installations indispensables à la bonne marche de l’économie du BTP en Ile-de-France dont la présence en bord à voie d’eau permet l’approvisionnement des matériaux par voie fluviale plutôt que par la route. Pour réduire l’impact de ces activités sur l’environnement et le cadre de vie, la Charte d’Amélioration des Ports se renforce en 2021 avec des exigences plus fortes mais aussi davantage de dialogue et de transparence.

L’écho auprès du grand public de l’incident survenu en septembre dernier sur une installation du groupe Lafarge en plein cœur de la capitale, aura eu le mérite de mettre en lumière les mécanismes existants en matière de contrôle des activités industrielles sur le domaine portuaire. A l’heure où la question de l’acceptabilité de certaines activités en zones urbanisées se posent avec toujours plus d’acuité, HAROPA - Ports de Paris a choisi de renforcer les obligations qui pèsent sur les exploitants dans le cadre de la Charte d’Amélioration des Ports (CAP).

CAP, une démarche de progrès à l’intention des exploitants du domaine portuaire

Associée à la filière du BTP, l’autorité portuaire a mis en place dès 2000 la charte Sable en Seine qui s’est élargie depuis à la filière des produits valorisables et à l’ensemble des activités économiques en bord à voie d’eau, tant sur le domaine portuaire de Ports de Paris que sur celui de la ville de Paris (canaux de l’Ourcq, Saint-Denis et Saint-Martin). "CAP est née du constat que les activités de BTP devaient prendre des mesures pour réduire les nuisances dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue, tout en jouant pleinement leur rôle sur le plan économique", explique Frédérique Guilbert-Palomino, responsable du département RSE de HAROPA - Ports de Paris. Au fil du temps, ce guide des bonnes pratiques s’est renforcé en instaurant notamment des audits annuels des installations. Intégration et sécurité, entretien et propreté, conformité à la réglementation, prévention et traitement des pollutions ou encore communication, tout est passé au crible avec, en cas d’insuffisance, la réalisation par les exploitants de plans d’actions qui depuis mars 2020 doivent désormais être mis en œuvre sous un mois.

La mise en place de contrôles inopinés dans les centrales à béton franciliennes

Dans le prolongement de ces évolutions de la charte, un plan d’action a été adopté en septembre 2020 par Ports de Paris, l’UNICEM Ile-de-France et le SNBPE Ile-de-France. Ce plan impose désormais aux exploitants de centrales à béton de réaliser des auto-contrôles ainsi que de produire un rapport annuel. Par ailleurs, les installations pourront faire l’objet de contrôles inopinés réalisés par des auditeurs certifiés. Enfin, le comité de pilotage de CAP a validé en décembre dernier de nouveaux critères d’audit plus exigeants.

"On sent une forte demande sociétale"

Pour Etienne Fromentin, Secrétaire général de l’UNICEM Ile-de-France (Union nationale des industries de carrières et des matériaux de construction), l’ensemble de ces mesures devant entrer en vigueur en 2021 conforte « la culture environnementale » prônée par le syndicat professionnel : "on sent une forte demande sociétale et face à cela nous devons aller vers plus de sensibilisation, tant auprès de nos dirigeants que des personnels intervenants sur les sites concernés et de l’ensemble de nos parties prenantes". Un domaine dans lequel des plans d’actions et de formation vont être proposés dans les mois qui viennent par l’UNICEM Ile-de-France à ses membres.
Au final, l’objectif reste "d’aller vers plus de transparence", souligne Frédérique Guilbert-Palomino qui évoque la publication des résultats d’audit ainsi que la mise en place d’un outil pour le signalement par le public en cas d’incidents.