Lettre #17 Innovations

- Ports de Paris

Publié le

Méthanisation et économie circulaire sur le port de Gennevilliers

Une unité de méthanisation devrait entrer en activité sur le port de Gennevilliers à horizon 2024-2025. C’est en tout cas l’objectif que se sont fixés le Syctom, le Sigeif et HAROPA-Ports de Paris.

Produire du biogaz à partir de déchets ménagers, au plus près des zones de collecte, voila toute l’ambition du projet d’implantation d’une unité de méthanisation sur le domaine portuaire de Gennevilliers. Un projet soutenu par HAROPA-Ports de Paris et porté par le Syctom, syndicat mixte de traitement et de valorisation des déchets en Ile-de-France, et le Sigeif, Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France. Exemple vertueux d’économie circulaire, le projet entend répondre à l’évolution de la réglementation en vigueur qui imposera d’ici 2023 le tri à la source des biodéchets. Un enjeu de taille en Ile-de-France où des expérimentations d’installation d’éco-composteurs en pied d’immeuble ou de distribution de bacs individuels ont déjà été menées mais où les volumes à traiter obligent aussi à développer d’autres alternatives. "A Paris, rappelle Nathalie Amiot, chef de projet pour le méthaniseur de Gennevilliers au Syctom, le tri des déchets alimentaires sur les marchés forains est en place depuis 2017 et des expérimentations de collecte en porte-à-porte ont été lancées dans les 12ème, 2ème et 19ème arrondissements".

50.000 tonnes de déchets alimentaires valorisés chaque année

Au final, dans les discussions entamées dès 2016 entre GRDF, l’exploitant du réseau gazier, Ports de Paris, la ville de Gennevilliers, le Sigeif et le Syctom, le choix du port de Gennevilliers s’est rapidement imposé. "Quand on envisage la construction d’un méthaniseur, cela a du sens si l’on est au plus près des déchets produits", souligne Jean Plateau, le directeur du port de Gennevilliers. Un port proche de Paris et offrant un accès en bord à voie d’eau idéal pour le transport par barge du digestat vers des zones de stockage ou plus directement vers des zones de consommation potentielles situées en Normandie. L’étude de faisabilité commanditée en 2017 a permis de définir les contours du futur équipement qui devra à termes traiter 50.000 tonnes de déchets alimentaires par an. Des déchets issus des cantines scolaires dans un premier temps qui devront être complétés par d’autres approvisionnements que le futur exploitant devra acheminer vers l’unité de méthanisation.

Du biométhane réinjecté sur le réseau domestique

Pour le Sigeif comme pour l’ensemble des partenaires, "il s’agit d’un projet d’économie circulaire emblématique", confirme Julien Gallienne, directeur de la transition énergétique et de l’innovation au sein du syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France. Une fois réglée la question des approvisionnements en matière première, "l’enjeu consistera à produire du biométhane qui sera ensuite injecté sur le réseau". Avec en prime, la possibilité de fournir les stations d’avitaillement en GNV/bioGNV telle que celle inaugurée l’été dernier sur le port de Gennevilliers et exploitée par le groupe Total. Un point central pour le syndicat intercommunal dont la filiale Sigeif Mobilités ambitionne l’ouverture d’une dizaine de stations de ce type en Ile-de-France.
La remise des offres des candidats dans le cadre de la procédure de sélection lancée en avril 2020 doit intervenir en mars 2021 pour une attribution du marché en fin d’année. La mise en service de l’unité de méthanisation est quant à elle prévue à horizon 2024-2025.