Lettre #17 Initiatives

- Ports de Paris

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Seine de vie

HAROPA-Port de Paris a soutenu le photographe et réalisateur Yann Arthus Bertrand dans la réalisation d’un film dédié à la Seine. Un format d’un peu plus de 23 mn qui s’attarde sur des scènes de vie, sur les berges comme au fil de l’eau, témoins de l’activité foisonnante que génère le fleuve.

Connu pour ses prises de vues aériennes Yann Arthus Bertrand a cette fois-ci accepté de se laisser guider au gré des courants pour "prendre le temps de voir, de filmer en liberté" la rivière de son enfance. "Un film qui parle de l’amour que j’ai pour la Seine", explique celui qui a vécu et élevé ses enfants sur son bateau parisien. Sans commentaires, les images racontent la vie qui s’écoule le long du fleuve, sur ses berges foisonnantes, sur ses quais en activité comme sur les ponts, traits d’union entre ses rives. Une Seine aux usages multiples, saisie par l’œil du réalisateur dans sa pleine diversité.

"La Seine, mon terroir, ma maison"

L’idée trottait dans un coin de son esprit sans qu’il n’ait jamais vraiment pu la mettre en image, celle d’un film « qui n’avait jamais été fait ». Alors avant même que le projet ne se formalise, Yann Arthus Bertrand et son équipe ont commencé à tourner, "par plaisir". "Je suis parisien, j’ai été élevé à Paris, c’est mon terroir, ma maison", rappelle le réalisateur qui s’est tout naturellement laisser prendre au jeu d’une navigation "magique" sur la Seine, bercé par "la douceur naturelle" du fleuve, au gré de ses courants.

Une nouvelle histoire qui s’écrit

Observateur privilégié d’un monde perpétuellement en mouvement, Yann Arthus Bertrand s’enthousiasme à l’idée d’un possible et nécessaire "renouveau" pour le transport sur la Seine. "Je vois passer des conteneurs sur la Seine et je pense que ce n’est que le début de quelque chose. Je pense que l’on pourrait faire beaucoup plus sur le transport ferroviaire comme sur le transport fluvial, bien évidemment. C’est quelque chose à réapprendre et à redécouvrir. On n’a pas encore commencé, c’est une nouvelle histoire qui s’écrit". Depuis les ports parisiens jusqu’au terminal multimodal de Gennevilliers, Yann Arthus Bertrand met en image le ballet des portiques, les barges en transit qui, chacun dans leur rôle, irriguent l’économie francilienne. "On peut faire beaucoup plus", estime le réalisateur : "90% du commerce international se fait par conteneurs, mais je ne pense pas que 90% du transport de marchandises en France passe par les rivières !". Les marges de progression existent mais il y a un énorme effort à faire pour pleinement se réapproprier cette Seine « que l’on n’utilise pas assez ».

Au rythme des courants

La caméra glisse au rythme des courants et saisit des scènes du quotidien, sur l’eau comme sur les berges, dans les méandres comme en plein cœur de la capitale pour faire découvrir au spectateur une vie méconnue, parfois même insoupçonnée. Avec le regard émerveillé de celui qui a su "rester un enfant" : "j’aimerai qu’il y ait beaucoup plus de gens qui habitent au bord de l’eau, que ce soit un lieu de vie et de transport". Un vœu à portée de main, estime le photographe résolument optimiste pour l’avenir.

> Visionner le film "La Seine, au-delà d’un fleuve"