Lettre #16 Territoires

- Ports de Paris

Publié le

L’insertion architecturale et paysagère au cœur du développement portuaire dans Paris

HAROPA-Ports de Paris a accueilli le 9 octobre dernier une délégation des Architectes des Bâtiments de France pour une visite fluviale du bief. Un exercice rare, dont la dernière édition s’est déroulée en 2016, qui permet aux participants d’apprécier depuis la Seine un environnement dont la richesse patrimoniale influence fortement les contours d’un domaine portuaire en constante évolution.

Cette visite fluviale ponctuée par une table ronde a été l’occasion d’une revue de détail des projets en cours tels la végétalisation des berges à Paris, l’installation d’une piscine flottante de 110m de long, amarrée au port de Javel bas aval qui jouxte le parc André Citroën, ou encore les aménagements récents sur le port Victor à Issy-les-Moulineaux. L’occasion aussi de rappeler à quel point l’environnement si particulier de la capitale nécessite une étroite collaboration entre le port et les ABF en matière d’intégration architecturale et paysagère. "Le contexte parisien est très particulier avec la présence d’un patrimoine exceptionnel par la présence de monuments historiques, de sites inscrits ou de sites classés", un environnement où les berges de la Seine elles-mêmes sont inscrites depuis 1991 au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans ce contexte, rappelle Iglal Boulad, architecte responsable d’opération au sein de l’agence Paris Seine, chaque projet d’implantation ou de modification de l’existant passe nécessairement sous les Fourches Caudines des ABF.

Le CPAP, un cadre qui permet de dépasser les modes

"Nous travaillons toujours en amont des projets avec eux, dans un dialogue constructif". Au fil du temps, des jalons ont été posés, pour aboutir notamment à la rédaction en 1999 d’un Cahier des Prescriptions Architecturales et Paysagères (CPAP). "L’enjeu consistait alors à mettre à plat les orientations que chaque partenaire souhaitait donner aux aménagements à venir, en dépassant les modes !", rappelle l’architecte. Au final, le CPAP a permis de fixer un cadre dont le respect des orientations, associé aux cahiers spécifiques locaux, facilite la validation des projets concernés.

L’architecte veille à "préserver le vocabulaire portuaire"

Entre l’écluse d’Alfortville et celle de Suresnes, le port veille ainsi à l’insertion architecturale et paysagère des projets qui se développent dans les ports urbains. "Un port est un environnement spécifique et nous devons toujours nous attacher à rechercher son insertion dans la ville tout en préservant un vocabulaire portuaire", souligne Iglal Boulad. Qu’il s’agisse d’une installation industrielle, d’une compagnie de bateaux à passagers, d’un bateau-logement ou même de mobilier portuaire comme des abris conteneurs, des armoires réseau ou encore des candélabres. Sans oublier de tenir compte des différents points de vue d’où peuvent être observés les ouvrages. "Car à Paris, où que l’on se trouve le long de la Seine, on bénéficie d’une vue sur la rive d’en face et aussi sur le dessus des installations lorsque l’on se trouve sur un pont !".

Développer le transport fluvial en insérant mieux les projets

"Nous vivons une période où le développement durable est au cœur des préoccupations", ce qui renforce l’usage du fleuve pour nombre d’activités économiques, batellerie, industrie, loisirs, "qui contribuent en retour au développement de la ville". Dans ce contexte, les ABF jouent leur rôle de "protecteur du patrimoine". "Le nôtre, c’est de répondre à la mission de développement du transport fluvial tout en insérant au mieux les projets !"