Lettre #16 Environnement

- Ports de Paris

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Les acteurs de l’ameublement professionnel parient sur la logistique fluviale

Utiliser le fleuve pour acheminer des déchets en centre de traitement et de valorisation, c’est le choix de l’expérimentation portée par Cemex, Green Switch Meridian (GSM) et Valdelia, l’éco-organisme qui organise la filière de collecte et de recyclage des Déchets d’Éléments d’Ameublement (DEA) non ménagers. Après un essai concluant début octobre, son président exécutif Arnaud Humbert-Droz veut aujourd’hui se donner les moyens de "reconquérir la voie d’eau".

Valdelia et ses partenaires ont mené ces dernières semaines en région parisienne, avec le soutien de VNF, une expérimentation autour de la logistique fluviale pour le transport de mobiliers professionnels usagés. Pouvez-vous nous rappeler comment est né ce projet ?

Valdelia est un éco-organisme au service des fabricants de mobilier professionnel, des entreprises et des collectivités et dont la mission est de permettre à la filière de se développer dans un esprit d’économie circulaire, en démontrant qu’elle peut être vertueuse dans toutes ses dimensions. A ce titre, nous accompagnons les acteurs du secteur dans la mise en place de dispositifs de collecte et de traitement des mobiliers professionnels en fin de vie. Face aux problématiques de mobilité urbaine en région parisienne, nous avons commencé il y a déjà quelques années à travailler avec HAROPA-Ports de Paris et GSM à la fois sur les livraisons de produits neufs et sur l’évacuation de ceux en fin de vie. Le principal défi aujourd’hui consiste à franchir la barrière du périphérique pour relier le centre de valorisation qui se trouve sur le port de Gennevilliers. Comment limiter le nombre de camions sur les routes et surtout comment utiliser au mieux le transport fluvial pour ces trafics ? Voilà les questions auxquelles nous tentons de répondre.

Qu’est-ce qui vous a amené à parier sur la logistique fluviale ?

Le point de départ, c’est le constat que les fabricants de mobilier professionnel ont des entrepôts hors de Paris et doivent livrer le plus souvent leurs clients dans Paris aux heures de pointe. Pour rentabiliser le recours à la voie d’eau nous avons alors cherché à remplir les caisses vides, sur le chemin du retour, avec du mobilier usagé pour le ramener depuis Paris sur le port de Gennevilliers. GSM a développé des caisses adaptées à ce type de trafic et nous avons travaillé ensemble à construire un modèle fluvial efficace dans un esprit de reconquête de la voie fluviale.

Quels enseignements avez-vous tiré de cette expérimentation et quels sont désormais vos objectifs ?

L’opération de collecte s’est déroulée sur le port de Tolbiac à partir des installations de Cemex, partenaire de l’opérateur fluvial GSM, puis les déchets ont été acheminés vers le centre de valorisation de Gennevilliers qui offre l’avantage d’être très bien connecté au fleuve. Nous avons démontré que c’était faisable, que l’on pouvait partager un quai avec d’autres acteurs. Désormais nous devons convaincre un nombre croissant d’opérateurs pour mettre en place des rotations suffisamment fréquentes.

Les atouts de la voie d’eau, dites-vous, l’emportent également sur la question de la temporalité…

La voie d’eau est un outil puissant si l’on accepte de sortir des contingences du « just in time », (la livraison en temps et en heure) ! Ce qui est intéressant avec les produits non périssables tels que les déchets d’ameublement, c’est que le temps n’est pas un enjeu. Il s’agit plutôt de pouvoir transporter des quantités suffisamment grandes de produits, de l’ordre de 500 tonnes par chargement.