Lettre #14 Environnement

- Ports de Paris

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Green River Cruises fait le pari de l’électro-solaire

Le croisiériste parisien Green River Cruises, entreprise cliente de HAROPA - Ports de Paris, a fait l’acquisition de deux bateaux à propulsion électro-solaire. Il ambitionne désormais de faire passer l’ensemble de sa flotte à l’électrique dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Le premier des deux bateaux à propulsion électro-solaire de Green River Cruises est opérationnel depuis la fin du mois de juin. Le second est prévu pour le début de l'été. Une bonne nouvelle pour le croisiériste parisien qui, en pleine saison estivale et après deux mois d’arrêt forcé pour cause de crise sanitaire, étoffe ainsi son offre avec désormais huit "pontoon boat" disponibles.

Créée en 2012 à Ivry-sur-Seine, la compagnie Green River Cruises propose depuis Paris et Nogent-sur-Marne des croisières privées sur des embarcations qui peuvent accueillir jusqu’à 12 passagers. De véritables "petits salons flottants de 8 à 10m de long et 2,5m de large", explique le fondateur de l’entreprise, Evrard de La Hamayde. Concept importé des Etats-Unis, les "pontoon boat" de Green River ont été les premiers à naviguer à Paris. "Ce sont des bateaux qui ne sont ni fermés ni chauffés avec lesquels nous travaillons traditionnellement de mars à octobre, avec un pic saisonnier entre juin et septembre".

De 8 à 9h d’autonomie sur une journée

Disposant de six bateaux avec des motorisations classiques, Green River Cruises a mené plusieurs expériences pour passer à l’électrique avant de faire le choix de se lancer dans la conception et la fabrication d’une embarcation originale dotée de panneaux solaires. "On ne pouvait pas motoriser notre flotte existante en électrique donc nous avons fait appel à un bureau d’étude et à un fabricant français, SunWave (Istres), auquel nous avons commandé deux bateaux". De gabarit équivalent au "pontoon boat" standard de la compagnie, les bateaux électriques sont dotés "de 8 à 9h d’autonomie sur une journée", avec le cumul d’une charge sur secteur pendant la nuit et un apport complémentaire par le photovoltaïque couvrant 30 % des besoins, détaille le dirigeant. Des embarcations qui n’émettent pas de bruit, pas d’odeur et aucune pollution. Dotés d’une motorisation électrique 2x15 kW ils peuvent atteindre 25 km/h en vitesse de croisière.

"Nous voulions être les premiers à proposer cette alternative"

Au-delà des performances techniques, le choix de Green River Cruises de passer au "vert" anticipe les changements de réglementation à venir tout autant que les attentes nouvelles du public. "Passer à l’électrique coûte très cher mais nous voulions être les premiers à proposer cette alternative", justifie Evrard de La Hamayde. "Le public est friand, notamment les touristes étrangers, de mobilité douce et propre et les politiques de la ville comme celle du gouvernement vont probablement nous pousser dans les années qui viennent à passer au tout électrique, comme c’est le cas par exemple aux Pays-Bas". Sans attendre d’y être un jour contraint, l’objectif que dessine le dirigeant de Green River Cruises est pleinement assumé : "il faut que nous passions au tout électrique pour les Jeux de Paris 2024 !"

Une stratégie qui pourrait être payante pour le croisiériste qui accueille chaque année près de 9.000 passagers dont près de 60 % de touristes étrangers. Même si cette année, crise du Covid-19 oblige, l’accent est davantage mis sur la communication auprès des parisiens eux-mêmes.