Lettre #13 Actu Eco

- Ports de Paris

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Le transport fluvial : une solution essentielle en temps de crise

A la suite des mesures de confinement annoncées par le Gouvernement, HAROPA - Ports de Paris a déclenché son Plan de Continuité d’Activités (PCA) dès le 17 mars. Avec des ports opérationnels et des acteurs impliqués, le trafic fluvial a pu se poursuivre dès le début de la crise pour plusieurs filières. 

Une organisation adaptée à la poursuite du trafic fluvial

L’objectif du PCA est de maintenir les services opérationnels  sur les ports pour permettre aux opérateurs de travailler autant que faire se peut dans des conditions "normales". Chez VNF, la continuité de la navigation commerciale a été assurée dès le début de la crise, avec une adaptation de l’amplitude horaire du trafic fluvial pour concilier la protection des agents sur le terrain et la gestion des flux de marchandises (ces horaires ont d’ailleurs été revues à la hausse sur la Seine aval le 16 avril pour répondre à la hausse des trafics). Les péages pour les bateaux de commerce ont par ailleurs été supprimés jusqu’à un retour à la normale de la situation. Comme l’indique Thierry Guimbaud, directeur général de VNF "le bon fonctionnement des écluses et des barrages est une priorité. Et c’est grâce à l’engagement et à la mobilisation de tous les agents de VNF que ce service public a été maintenu". 

Une situation contrastée pour le transport fluvial

"Si la situation est dramatique pour le tourisme fluvial avec un arrêt total des activités, le transport fluvial montre pour autant toute sa capacité de résilience depuis le début de la crise" souligne Didier Leandri, Président délégué général des Entreprises fluviales de France (E2F). Les transporteurs fluviaux sont en effet mobilisés et poursuivent l’approvisionnement des produits de première nécessité (grande distribution, produits énergétiques…). Didier Leandri  confirme que "c’est une vraie fierté pour la filière, qui repose avant tout sur l’engagement des personnels et des gestionnaires d’infrastructures". Le dirigeant précise d’ailleurs que la continuité d’activités organisée sur les ports constitue "un point d’appui solide" pour les entreprises qui ont dû s’adapter pour opérer durant la crise.  Elles se sont par exemple dotées d’équipements de protection individuelle (EPI) et assurent des nettoyages systématiques des postes au moment des relèves d’équipes. E2F a aussi diffusé un guide de bonnes pratiques qui , selon Didier Leandri, a "permis de préciser les procédures et de rassurer les salariés". 

Une année exceptionnelle pour les céréales

Andy Fouquier, marinier sur le Bornéo, fait partie de ceux qui continuent de travailler pendant la crise. Si les transports de certaines matières premières ont diminué, c’est tout le contraire pour les céréales : "j’assure des liaisons régulières entre Montereau et Rouen pour livrer du blé notamment, car nous avons de nombreux volumes à transporter avant la nouvelle récolte prévue en juin et une très forte demande". A bord de son bateau avec son épouse et son apprenti, le marinier a dû adapter son organisation pour éviter les contacts : "nous limitons au maximum nos débarquements au sol et nous privilégions les mails et le téléphone pour partager des documents et échanger avec le Port et nos clients". Andy Fouquier tient aussi compte des nouveaux horaires d’ouverture des écluses : "Je dois prévoir environ 24h de plus pour descendre la Seine jusqu’à Rouen actuellement". Ainsi le transport fluvial de céréales devrait connaître une année record en 2020 malgré la crise.