Lettre #12 Actu Eco

- Ports de Paris

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Quand le transport fluvial du ciment innove

Le fabricant de matériaux de construction Eqiom a mené un test positif prouvant l'intérêt économique du transport fluvial du ciment en conteneur du Havre à Gennevilliers. Décryptage de cette chaine logistique fluviale.

C'est un travail d'équipe qui a permis en octobre dernier de monter une chaîne logistique fluviale complémentaire aux approvisionnements routiers. Tout a commencé avec la volonté d'Eqiom (groupe CRH), un des leaders mondiaux dans les matériaux de construction, de diversifier sa supply chain en utilisant davantage la Seine depuis son site de Grand Couronne (76) près de Rouen.
"L’enjeu pour nous consiste à la fois à réduire notre empreinte carbone, proposer une alternative à la route et anticiper une probable hausse du trafic routier sur un marché déjà tendu en zone urbaine", précise Jérôme Becamel, logistic manager chez Eqiom.
De la mi-octobre jusqu'à début novembre, 25 conteneurs de ciment vrac ont été acheminés chaque semaine via un système de navettes par barges piloté par Greenmodal Transport.
Ce service clé en main du transporteur GCA permet de combiner plusieurs moyens de transport (fluvial, train, route). En plus de cette expertise, GCA a fourni des conteneurs spécifiques pour le ciment, ce qui ne s'était jamais fait. Le ciment est habituellement transporté dans des barges-automoteurs cimentiers. Une partie de l'acheminement s'est donc déroulée par la route via deux filiales : GCA, Oissel Trans (76), et Girault Lor (Ile-de-France). Le ciment est livré sur les centrales à bétons qui travaillent pour différents chantiers situés en Ile-de-France : Gennevilliers, Nanterre et Paris-Batignolles.

De son côté, Voies navigables de France (VNF) a apporté son soutien en finançant une partie du test dans le cadre de son Plan d'aide au report modal (PARM) 2018-2020 qui représente une enveloppe globale de 20 millions d'euros intégrant la participation des Régions.

Economiser 150 tonnes de CO2 par an

Pour valider le test, il s'agira de prendre en compte le volume de matière première transporté, une période donnée, le temps d'acheminement, les ruptures de charges, ainsi que la possibilité de stocker les conteneurs-citernes au plus près des clients franciliens. Là encore c'est un service innovant puisque le ciment n'est pas stocké en conteneurs.
"C'est une solution complémentaire avec celles existantes, admet Jérôme Becamel. Le point clé désormais, c’est de définir précisément le pourcentage du report modal." Ce potentiel est estimé à près de 35 500 tonnes par an de ciment, soit environ la charge de 1800 poids lourds et donc une économie de 150 tonnes de CO2. Les partenaires assurent qu'ils poursuivront "les études pour une mise en place durable de cette nouvelle solution logistique." Cette expérience est essentielle dans le cadre du chantier du Grand Paris. Le trafic fluvial de matériaux de construction en Ile-de-France est en pleine croissance ces dernières années et dépasse les 15 Mt annuels.