Lettre #11 Territoires

- Ports de Paris

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"Trésors de Banlieues", une exposition inédite

Du 4 octobre au 30 novembre, la ville de Gennevilliers accueille « Trésors de Banlieues », une exposition exceptionnelle présentant le patrimoine artistique des collectivités de la région parisienne. Une initiative soutenue par HAROPA - Ports de Paris. Noël Coret, commissaire général de l’exposition, nous présente cet événement unique.

HAROPA - Ports de Paris est régulièrement partenaire des activités culturelles de la ville de Gennevilliers : pourquoi soutenir cette exposition aujourd’hui ?
Noël Coret, commissaire de l’exposition : "Trésors de Banlieues" est l’occasion, avec l’Académie des Banlieues, de lutter contre les préjugés et l’occultation qui est souvent faite des banlieues dans le discours des politiques comme dans les médias.

En quoi l’exposition "Trésors de Banlieues" est unique en son genre ?
Noël Coret : Cette exposition, qui réunit plus de 260 œuvres prêtées par 53 municipalités aux termes de trois ans de travail avec l’Académie des Banlieues, met en valeur pour la première fois à cette échelle l’extraordinaire patrimoine artistique abrité par les collectivités de la banlieue parisienne. C’est l’héritage d’une longue histoire marquée par les liens étroits que des générations d’artistes ont noués avec ces territoires. Cette exposition montre, via l’image, les dimensions géographiques, culturelles et sociales de la banlieue. On y constate notamment la brutalité des changements démographiques et urbains avec l’explosion industrielle.

Quel type d’œuvres y est exposé ?
N.C. Le panorama est très large avec des tableaux d’église du 17ème siècle, des œuvres de l’école de Barbizon dont deux Caillebotte, une tapisserie de Fernand Léger, des planches du dessinateur de BD Caza, des photos de Doisneau et Depardon, des affiches de Grapus mais aussi un couteau gravé de Goya, le bateau Madame de Guy de Maupassant et une moto Gnome et Rhône de 1934 dont l’usine historique était installée à Gennevilliers. Enfin, un accent particulier est mis sur l’école du réalisme social. Les avant-gardes se sont faites et se font encore en banlieue, ne l’oublions pas !

La scénographie de l’exposition, qui repose sur l’utilisation de conteneurs, fait-elle référence à l’identité de la ville ?
N.C. En effet, cette exposition, dont l’entrée est gratuite, a lieu dans la halle des Grésillons qui, avec sa grande verrière, est un bâtiment emblématique du patrimoine industriel et portuaire de la ville.

Quel avenir réservez-vous à cette exposition ?
N.C. "Trésors de Banlieues" ne présente qu’une infime partie des œuvres détenues par les collectivités de la région. Le potentiel est donc considérable. Il y a une réflexion en cours pour organiser une biennale autour de ce formidable patrimoine. On pourrait imaginer qu’une ville différente en accueille chaque année.