Entreprise

Le bois prend la voie d'eau

Une expérimentation de transport de bois par le fleuve a été réalisée en décembre entre les ports de Rouen et Bruyères-sur-Oise, en passant par Conflans-Sainte-Honorine. Spécialiste de construction bois, la société Cuiller Frères - sise à Petit-Couronne près de Rouen - a choisi d’utiliser la Seine et l’Oise pour approvisionner des chantiers localisés en Ile-de-France. HAROPA et Voies Navigables de France ont accompagné et soutenu ce test grandeur nature.
- Ports de Paris

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L’initiative de cet essai revient à l’entreprise Cuiller Frères spécialisée dans les charpentes, la menuiserie et la construction en bois. Installée à Petit-Couronne dans la banlieue rouennaise, la société dirigée par Amélie Cuiller, a choisi d’utiliser le fleuve pour approvisionner trois chantiers réalisés en Ile-de-France. Compte tenu de la spécificité des éléments de charpentes et des murs en bois à transporter, l’objectif du test visait à confirmer la faisabilité technique et économique de cette chaîne logistique utilisant la voie d’eau.

Ce test grandeur nature a été mis en œuvre par HAROPA en collaboration avec Voies Navigables de France (VNF). L’établissement gestionnaire du réseau fluvial accompagne les entreprises dans leurs projets de logistique fluviale à travers une aide à la réalisation d'expérimentations, le Plan d'Aides au Report Modal (PARM) 2018-2022. L’appui de VNF permet à l'entreprise bénéficiaire de tester le transfert du transport de marchandises du mode routier vers le mode fluvial. L’alliance HAROPA a apporté son expertise en matière de logistique, du choix des quais de livraison, ainsi que du bateau retenu pour l’essai. L’association Professions Bois Normandie a également contribué à la mise en place du transport.

Le transport fluvial représente une réponse adaptée aux défis logistiques de la filière bois normande, notamment pour se positionner sur les chantiers du Grand Paris. La massification fluviale offre des coûts d’approches très avantageux par rapport à la route. Les bateaux de grand gabarit affichent un prix à la tonne transportée de 12 €, contre 17 € pour les unités fluviales de petit gabarit (Freycinet), 21 € pour la route et 22 € pour le rail. Les différentes cales de l’offre de transport par le fleuve vont de 300 tonnes (Freycinet) jusqu’à 2 500 tonnes, avec la possibilité de constituer des convois allant jusqu’à 180 m de long avec 4 500 à5 000 t de marchandises, l’équivalent de 250 camions ou 4 trains.

Outre la massification, le transport fluvial permet aux entreprises de livrer au plus près des lieux de construction via les ports urbains situés aux cœurs des villes franciliennes. L’atout environnemental est également à prendre en compte, le mode fluvial présentant de faibles taux d’émission de gaz à effet de serre et des niveaux d’accidentologie très bas. Enfin, le réseau fluvial est opérationnel ouvert 24 heures sur 24 en Seine aval, ce permet un acheminement en juste à temps des marchandises et la mise en place d’une logistique fiable. D’autres tests sont prévus avec d’autres produits comme les panneaux bois.

Amélie  Cuiller  prévoit déjà l’armement d’une  deuxième  barge, cette fois  avec  une  marchandise  plus  facile  à  manutentionner  : les  panneaux en bois.  L’objectif étant, selon la  cheffe  d’entreprise "de créer une véritable filière".

Voir le reportage Web TV HAROPA sur cette expérimentation