Un nouveau bateau déshuileur en Seine

De Hoop 2, bateau déshuileur en Seine

L’entreprise Slop Normandie vient mettre en Seine un bateau déshuilleur spécialement équipé pour récupérer des sludges, les résidus pétroliers issus de la salle des machines d’un navire.

« C’est vraiment le bateau qu’il nous fallait par rapport à la législation en vigueur ». Jean Furet, gérant de la société Slop Normandie, est ravi de sa dernière acquisition : un « bateau déshuileur » long de 30 mètres et large de 5. « Il a été acheté à Rotterdam et était en activité sur le Rhône », précise l’entrepreneur rouennais. Baptisée « De Hoop » - L’espoir en néerlandais -, cette unité fluviale est destinée à récupérer, par pompage, les déchets liquides issus de l’exploitation d’un navire (huiles hydrauliques usagées, eaux de cale, graisses, filtres usagés...)

PLUS GRAND ET MIEUX EQUIPE

Construit en 1964 aux Pays-Bas, le nouveau bateau remplace « Slop Express 2 », une unité mise en service l’année dernière, mais moins adaptée, par sa configuration et ses capacités, à la prise en charge des déchets liquides des navires accostant à Rouen. L’investissement se monte à 220 000 euros. Dans le cadre d’un Appel à manifestation d’intérêt (AMI), HAROPA - Port de Rouen a accompagné la société Slop Normandie en participant à l’achat du bateau déshuileur à hauteur de  40 %.
De Hoop 2, bateau déshuileur en SeineOutre cette aide, le Port de Rouen est également actif pour favoriser la collecte de ces déchets liquides, grâce à une prise en charge partielle du coût du ramassage en le finançant par une redevance déchets. Le service devient ainsi attractif, les armateurs bénéficiant d’un remboursement de l’intervention, estimée à environ 140 € la tonne. Le Port de Rouen rembourse aux armements la prise en charge de 20 m3 de déchets liquides par escale, pour un maximum de 5 touchées par navire sur une année. Cette démarche vise à améliorer et à pérenniser ce service aux navires, qui contribue à la bonne gestion des déchets générés par le trafic maritime.
Le « De Hoop » est commandé par Gilles Kerscaven, un ancien marinier secondé par son épouse, Maryse. « Contrairement au précédent, ce bateau est équipé de propulseurs d’étrave qui le rendent plus manœuvrable. Il est aussi plus grand de 4 mètres et plus haut sur l’eau, ce qui facilite la mise à couple avec les navires de mer. Il est équipé de pompes et doté de 4 cuves avec une capacité totale de 143 tonnes, soit 163 m3 », explique le capitaine. « Le nouveau bateau dispose d’un petit logement, ce qui est très utile car les opérations de pompage durent en moyenne six heures, mais peuvent atteindre 10 heures de travail », ajoute Mme Kerscaven.

BALLON D’OXYGENE

Créée en 2012, l’entreprise Slop Normandie est spécialisée dans l’avitaillement des navires en eau douce avec « Slop Express 1 », une péniche de type Freycinet. Ce bateau permet également d’évacuer les eaux dites grises (eaux de nettoyage des citernes, de lavage et de fonds de cale), les eaux de ballast et les résidus de cargaisons que l’on nomme slops.
« Nous sommes soutenus par HAROPA - Port de Rouen, complète Jean Furet. Nous arrivons à trouver un équilibre lié à l’activité du port. La navigation fluviale nous apporte le ballon d’oxygène qu’on attendait et notamment les compagnies de croisières fluviales qui font de plus en plus appel à nos services ».

Slop Normandie, contact : Jean Furet au 06.19.24.21.22