Projet de réhabilitation des berges de Marne à l'amont du port de Bonneuil-sur-Marne

LE CONTEXTE

Le port de Bonneuil-sur-Marne et ses environs

Sur 200 hectares à environ 8 km en amont de Paris, la plateforme portuaire de Bonneuil-sur-Marne accueille 2000 emplois et réalise annuellement environ 900 000 tonnes de trafic fluvial et 900 000 tonnes de trafic ferré. La navigation commerciale s’effectue dans les deux darses portuaires, tandis que la Marne présente des berges naturelles offrant des qualités écologiques et paysagères à préserver et améliorer.

En 2003-2004, Ports de Paris a réalisé une opération de restauration des berges de la rive gauche, en aval du pont de Bonneuil. Cet aménagement a apporté au milieu une nette plus-value, à la fois écologique et paysagère. Elle fait l’objet d’un entretien annuel et d’une surveillance afin de mieux mesurer ses atouts pour le milieu.

Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale et environnementale, Ports de Paris souhaite entreprendre la restauration écologique d’un nouveau tronçon de berges, sur un linéaire de 900 mètres environ, entre le pont de Bonneuil et le viaduc du RER A. Ce projet est notamment inscrit dans le schéma d’aménagement et de développement durable (SADD) du port de Bonneuil, approuvé par le conseil d'administration de Ports de Paris en 2008, et au programme d’actions du contrat de bassin Marne Confluence.

LES ENJEUX DU PROJET

La berge gauche de la Marne à l’amont du port de Bonneuil souffre actuellement d’érosion sous l’effet de l’agitation de l’eau. Le talus s’en trouve fragilisé. Du point de vue du paysage, cette berge est à l’état d’abandon, car située dans le fond des parcelles des amodiataires du port. La végétation s’y développe de manière spontanée : on constate le vieillissement de la formation arborée, l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes. De ce fait, la qualité écologique pourtant potentiellement intéressante reste faible.

L’enjeu du projet de réhabilitation est d’enrayer ces phénomènes de dégradation et de valoriser les atouts de ce site, espace de respiration dans un milieu urbain dense. L’aménagement prévoit donc de restaurer les milieux écologiques, de stabiliser le talus rivulaire, d’améliorer les qualités paysagères des bords de Marne, et enfin d’offrir au public quelques points d’accès à la berge.

AU PROGRAMME

1. La restauration écologique et la stabilisation du talus
Le projet d’aménagement permettra de réintroduire une variété de milieux favorisant la biodiversité. Ainsi, les interventions seront effectuées par des techniques végétales ou bien par des techniques mixtes entre le génie civil et le génie végétal. Cela consiste à implanter des végétaux adaptés aux différents étages de la berge, du bas qui est mouillé par l’eau en permanence jusqu’en haut du talus, et à introduire éventuellement des enrochements afin de consolider l’ensemble. La diminution de l’érosion sera permise par l’adoucissement de la pente de la berge, ce qui aura également pour effet positif d’élargir le lit de la rivière et d’offrir davantage de place à l’expansion de la crue. Sur une partie du linéaire, le profil de la berge ne sera pas modifié et le projet prévoit seulement des opérations d’assainissement végétal.

2. L’amélioration des qualités paysagères et de l’accessibilité de la berge
La crête de la berge accueillera les circulations piétonnes au sein d’une végétation mieux entretenue et mieux architecturée. Des placettes seront présentes de façon ponctuelle au niveau du viaduc du RER A (à l’entrée de l’espace naturel du Bec de Canard), du restaurant La Caravelle avec une rampe de mise à l’eau pour les bateaux, près du Hameau du Moulin Bateau.

LES ENGAGEMENTS POUR MINIMISER LES IMPACTS DU PROJET

Le projet de réhabilitation des berges amont a pour objectif d’améliorer le milieu écologique, le système hydraulique et la qualité paysagère du site. Différentes mesures seront prises pour rendre la phase travaux la moins dérangeante possible :
- analyser les déblais et éliminer les déchets dans les filières appropriées,
- prendre les précautions nécessaires en cas d’inondation afin d’évacuer le chantier et d’éviter les pollutions,
- respecter la réglementation relative au bruit des engins et des horaires des travaux afin de de ne pas produire de nuisances sonores pour les riverains de la rive droite de la Marne,
- limiter le dérangement de la flore en réalisant les travaux en période hivernale,
- limiter le dérangement de la faune en déplaçant les espèces potentiellement présentes vers des lieux adaptés (amphibiens), du fait de la présence de gîtes annexes sur les bâtiments pour les chauves-souris,
- atteindre un bilan des arbres replantés par rapport aux arbres supprimés le plus favorable possible : sur 400 arbres existants, environ 200 seront conservés, environ 200 seront supprimés et 150 replantés du fait de la suppression des sujets vieillissants, de la volonté d’ouverture du milieu pour reconstituer des habitats favorables à la biodiversité, du rétrécissement de la crête de berge par reprofilage de la pente.

CALENDRIER ET ESTIMATION FINANCIÈRE DU PROJET

L’étude de préfiguration du projet a été lancée par Ports de Paris en 2011 pour aboutir à une première proposition ambitieuse en 2013.
La prise en considération des remarques des services de l’État a conduit à la reformulation du projet et à une seconde version, déposée en septembre 2014 pour être instruite quant à sa conformité à la réglementation.
L’Autorité environnementale a délivré un avis sur le projet en mai 2015 auquel Ports de Paris a répondu en août 2015. Le résumé non technique initial a été actualisé à cette même date pour rendre compte des compléments demandés par l’Autorité environnementale.


Le projet est présenté par Ports de Paris en réunion d’information le 17 mars 2016 à partir de 18h30 au hangar XV au port de Bonneuil-sur-Marne.

Il est soumis à enquête publique du 4 avril au 10 mai 2016.
Ensuite, le préfet délivrera durant l’été un arrêté d’autorisation au titre de la loi sur l’eau permettant de lancer les travaux.

Le montant estimatif de l’opération s’élève à environ deux millions d’euros, pour lesquels Ports de Paris va solliciter des subventions auprès des partenaires que sont la Région Île-de-France et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

Selon la mise au point du financement de l’opération, les travaux pourront commencer à l’automne 2016 (c’est l’objectif de Ports de Paris, calé sur les commissions de la Région Île-de-France et de l’Agence de l’Eau) ou à l’automne 2017.
Les travaux dureront entre quatre et cinq mois (environ 20 semaines).

L’enquête publique sur le projet des berges amont commence le lundi 4 avril 2016.
Retrouvez l'ensemble du dossier d’enquête en cliquant ici.