LA LETTRE #6 / INNOVATION

Gérard Ronzatti : "La navigation à bord de Ducasse sur Seine sera comme un traveling dans Paris"

Gérard Ronzatti, président de l'agence Seine Design a conçu le bateau Le Ducasse sur Seine, qui  mesure 30 mètres de long et 10 mètres de large et qui concilie l'excellence gastronomique et le respect de l'environnement grâce à la propulsion électrique.

Quel a été votre rôle dans l'élaboration du navire d'Alain Ducasse ?
Gérard Ronzatti : L'agence Seine Design, spécialisée dans l'architecture navale, avait une feuille de route complexe : concevoir un navire capable de glisser sur l'eau tout en transportant un  restaurant gastronomique de 120 places et quatre salons. Le Ducasse sur Seine pèse 300 tonnes et peut transporter plus d’une centaine de personnes. Il navigue pendant près de deux heures.  La propulsion électrique reste une technologie innovante, notamment sur les batteries lithium-fer-phosphate qui pèsent 4 tonnes chacune et sont essentielles pour stocker l’électricité.  Il a fallu choisir les bons partenaires car c'est le premier bateau de cette taille avec ce type de propulsion sur la Seine.  Nous avons trouvé cinq professionnels capables de nous accompagner.

Quelles sont les particularités du Ducasse sur Seine ?
G.R : Amarré au Quai Debilly, près du Trocadéro, le navire qui assure des croisières sur la Seine au cœur de Paris, est composé, au niveau du pont principal, de montants en inox, entre lesquels s’ouvrent de vastes baies vitrées. Cette transparence assure la continuité du regard entre l’intérieur et l’extérieur. Le pont supérieur est composé d'une terrasse traversée au centre par une structure couverte légèrement inclinée. Le ponton d'accès au bateau offre également un espace d’accueil, avec un sol en  bois d’ipé et des garde-corps en inox.

Où puisez-vous votre inspiration ?
G.R : Les références architecturales de ce bateau sont en rupture par rapport à l’imaginaire généralement porté par un navire. Au point que, s’il fallait trouver une grille de lecture de ce bâtiment, on se tournerait davantage vers l’architecture du pavillon, comme on parle d’un pavillon de chasse, par exemple, plutôt que vers l’architecture navale traditionnelle.

Quelles ont été les difficultés à surmonter ?
G.R : Il fallait faire tenir un équipage de 36 cuisiniers et pâtissiers qui se relaient au pont inférieur du navire où a été installée une cuisine parfaitement équipée. Tout est préparé à bord, pendant la croisière, en proposant un large éventail de trois menus au déjeuner et trois au dîner, comportant de nombreux choix. Rien n’a été sacrifié, ni la cuisine, ni le service, ni les arts de la table. Pas même la sommellerie. Or, il fallait que cet ensemble soit compatible avec un bateau capable de glisser sur l'eau. La propulsion électrique nous imposait de concevoir un navire particulièrement hydrodynamique. Nous avons beaucoup travaillé la forme de la coque en nous inspirant des voiliers. Il fallait aussi veiller à assurer une stabilité maximum.

Quelle est votre plus grande fierté ?
G.R : Le Ducasse sur Seine est dotée d'une remarquable manœuvrabilité. C'est une sorte de capsule flottante. La navigation à bord de Ducasse sur Seine sera comme un traveling dans Paris.

 

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